La surchemise, autopsie d’un succès

Il y a 10 ans, le mot surchemise n’existait pas. Aujourd’hui, il est sur toutes les lèvres. Entre la veste de travail et la chemise, la surchemise surfe sur la tendance et répond aux nouvelles attentes du marché. On vous explique pourquoi.

L’histoire de la surchemise

L’origine de la surchemise reste floue. Il existe néanmoins quelques théories qui expliqueraient son arrivée dans nos vestiaires.

Pour certains, la surchemise serait apparue pour la première fois dans les années 1930. La marine américaine l’utilisait pour habiller les premiers CPO (Chief Petty Officer). C’était une chemise épaisse avec des poches sur la poitrine. On connaît cette date puisque des chineurs de l’époque avaient réussi à s’en procurer dans des surplus militaires.

Pour d’autres, elle serait une adaptation des chemises BDU (Battle Dress Uniform) utilisées par l’armée américaine dès les années 1980 comme uniformes de combat.

Dernière théorie, la surchemise pourrait également provenir des surchemises créées pendant la guerre de Corée. Conçue à l’origine pour combattre l’hiver coréen, elle devait remplacer les uniformes vieillissant de la Seconde Guerre mondiale.

D’ailleurs, dans un de ces articles, David vous montrait une de ces surchemises historiques qu’il avait chinée sur Brut Clothing.

Au fil des années, la surchemise s’est implantée dans le quotidien de certains civils. En 1990, la chemise de bûcheron apparaît. Plus épaisse, elle était généralement portée au-dessus d’un t-shirt.

Comment expliquer le succès de la surchemise ?

Pour comprendre le succès de la surchemise, il faut se plonger dans le contexte vestimentaire de ces dernières années. 

Le vestiaire masculin mue, se transforme. Auparavant, les hommes s’habillaient avec des tenues formelles. Aujourd’hui les codes ont changé. Notre chef de collection chez BonneGueule se souvient : “Avant, la veste bleu marine était un indéboulonnable de nos collections, j’ai énormément travaillé dessus, avec plusieurs modèles dans les collections. Maintenant la veste tend à disparaître.”

Pour Julien, cette casualisation est arrivée au moment où “nous avons commencé à dépareiller nos costumes, avec des chinos et du denim”. Il poursuit en rappelant “que c’est la recherche de confort au quotidien qui a mis la surchemise sous les feux des projecteurs”.

La polyvalence de la pièce apporte une multitude de possibilités aux consommateurs. Pour notre chef de collection “la chemise est un parfait entre-deux entre une veste de travail parfois trop rigide et épaisse et une chemise trop légère”. Peu importe le temps et la saison, la surchemise peut être une solution.

Comment reconnaître une surchemise ?

Identifier une surchemise est plus difficile qu’il y paraît. En effet, certaines caractéristiques de la surchemise ont évolué.

Julien, chef de collection chez BonneGueule nous explique la complexité que représente cette identification : « Il existe une multitude de modèles de surchemise sur le marché, des surchemises légères comme des surchemises épaisses. Le champ des possibles est énorme. Les frontières entre les familles sont extrêmement fines. »

Il existe tout de même plusieurs critères qui permettent d’identifier une surchemise, d’une veste de travail ou d’une chemise. Tour d’horizon.

1. Les poches

Comme expliqué dans la partie historique, l’origine de la surchemise est militaire et donc utilitaire. C’est donc tout naturellement que la surchemise conserve encore aujourd’hui les caractéristiques de son ancienne utilisation.

Plusieurs types de poches peuvent être utilisés pour une surchemise.

Cependant, une veste de travail possède également des poches. La confusion est telle, que même chez nos conseillers : « il n’est pas rare d’entendre parler d’une veste pour notre surchemise Milo (épaisse en laine bouillie) » confie Julien.

2. La coupe

La surchemise est un “par-dessus”, ce qui signifie qu’une ou plusieurs couches sont nécessaires en dessous de la surchemise, comme un t-shirt ou une chemise par exemple. Pour ça, elle aura une coupe nécessairement droite, afin de conserver un confort optimal.

Niveau longueur, difficile de différencier une surchemise d’une veste de travail, nous sommes pratiquement sur les mêmes standards. Selon les modèles, il y a quelques différences. Par exemple une veste en jean s’arrête au niveau de la ceinture, avec un effet plus “boxy”. La surchemise quant à elle, pousse un peu le curseur, en s’arrêtant sur le haut des cuisses.

3. Le col

Niveau col, il y en a pour tous les goûts. Du col de veste de travail structuré, jusqu’aux cols de chemises décontractés, la surchemise s’inspire de tous les styles. À noter, plus la surchemise est épaisse plus elle emprunte certains codes d’une veste. À l’inverse, plus la surchemise est légère, plus elle utilisera les éléments d’une chemise.

Les avantages d’une surchemise

  • La polyvalence : il est difficile de trouver une pièce aussi polyvalente que la surchemise. Elle peut aller avec tout, tout le temps et de manière très simple. Elle nous permet de jouer avec les formes, notamment en ayant la possibilité de la fermer (pour affiner son look) ou en la laissant ouverte pour garder de l’ampleur et s’amuser avec le layering. Les différentes possibilités de matières (laine, laine bouillie, coton, lin…) sont également un atout de taille quand on souhaite varier les styles.
  • Le confort : s’il y a bien une pièce confortable, c’est la surchemise. Aussi facile à enfiler qu’à enlever, elle nous permet de réguler la température à tout moment. Rien de plus efficace !

Les avantages de la surchemise sont indéniables, mais niveau style, comment associer cette pièce ?

« Il existe une tellement de surchemises, et tellement de manières de la porter »

Source : bonnegueule

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