Hommes Sweat à Capuche

Le hoodie, des terrains de sport aux cours de lycée

On peut retracer l’histoire du hoodie jusqu’à son ancêtre, déjà porté à l’ère de la Grèce Antique. À l’époque, il s’agit d’un capuchon ou d’une large pièce capuchonnée qui protège des éléments. Dans la culture populaire, il est représenté autant pour dissimuler le visage d’une femme qui part à la recherche de son amant que comme symbole de la Faucheuse, personnification de la mort. Une aura ambiguë qu’il a transmis à sa version moderne.

Pull en coton et à capuche parfois équipé d’une poche kangourou, le hoodie tel qu’on le connaît aujourd’hui est apparu pour la première fois dans les années 30. Lancé par la marque qu’on appelle désormais Champion, il est créé à destination des sportifs avant d’être rapidement adopté par les travailleurs manuels américains. Et c’est en partie grâce aux amourettes lycéennes qu’il se propage dans le lifestyle américain, les joueurs des équipes sportives des établissements offrant souvent leurs sweats à leurs copines.

Une pièce emblématique des sous-cultures

C’est fin des années 70, début des années 80 que le hoodie prend un véritable essor. Adopté par la culture hip-hop, il devient un élément de style pour les rappeurs, Bboys et graffeurs. Ce qui leur plait dans ce vêtement ? Son confort qui les laisse libres de leurs mouvements mais aussi sa capuche qui leur confère l’anonymat nécessaire à leurs activités illicites comme le graffiti, qui recouvre à l’époque les rues et rames de métros de New York.

Plus ou moins à la même époque, ce sont les skateurs qui l’adoptent. De New York à Los Angeles, ils sont eux aussi rejetés par la société et de ce fait traqués par la police et les habitants. L’activité étant illégale, les skateurs de l’époque partent en quête d’endroits où skater tranquillement, parfois dans la rue et d’autres sur des chantiers. À Los Angeles, les Z-boys utilisent eux aussi le hoodie pour masquer leur identité lorsqu’ils vont skater dans les piscines vides des maisons de Santa Monica.

2012, une année charnière pour le hoodie

En 2012, le sweat à capuche devient aux États-Unis et pour le reste du monde le symbole des inégalités raciales. Il y a bientôt six ans, le 26 février 2012, un jeune homme noir de 17 ans quitte une épice d’où il vient d’acheter du thé glacé et des bonbons avant de se diriger vers l’appartement de la petite amie de son père. Son nom ? Trayvon Martin. Il porte un large hoodie noir dont il a relevé la capuche. George Zimmerman, capitaine de surveillance du voisinage, suit alors l’adolescent tout en appelant la police pour signaler une « personne suspecte dans son quartier ». Quelques minutes plus tard, Trayvon Martin est retrouvé mort et George Zimmerman plaide la légitime défense.

Quelques jours plus tard, les commentateurs de Fox News blâment le hoodie. « J’exhorte les parents de jeunes noirs et latinos, en particulier, à ne pas laisser leurs jeunes enfants sortir avec des sweats à capuche. Je pense que le sweat à capuche est aussi responsable de la mort de Trayvon Martin que George Zimmerman », déclare à l’antenne le journaliste Gerardo Rivera. À la suite de cela, des « Hoodies March », manifestations où les gens viennent habillés d’un hoodie qu’ils relèvent sur leur tête, sont organisées.

Source : marieclaire

Articles similaires

Créateurs de Contenus

Le Plus grand réseau de partage de vidéos, avec option d'achat. Incrivez-vous et uploadez vos vidéos afin de permettre à vos fans de profiter d'une nouvelle expérience d'achat.