Histoire du bikini : tout ce que vous devez savoir sur le mythique maillot de bain

1946 a été une grande année marquée par de nombreux événements. La fin de la guerre. La création de l’UNESCO et de l’UNICEF. Le premier Festival de Cannes. La naissance de Cher et de Dolly Parton. La publication de Retour à Brideshead, d’Evelyn Waugh, qui a poussé des générations de jeunes idéalistes à rêver de pantalons en lin blanc. Et l’apparition du bikini moderne.

Bien entendu, ça n’était pas le premier modèle de maillot de bain – pas même d’un deux-pièces. Déjà dans la Grèce antique et à l’époque romaine, les femmes portaient des tops bandeaux et des culottes pour participer aux tournois sportifs, comme en témoignent des mosaïques de la Villa romaine du Casale. Tandis qu’à l’époque victorienne, pendant l’essor des stations balnéaires, on privilégiait des tenues couvrantes pour la plage, comme le montrent de vieilles photos d’époque de femmes en robes longues et culotte bouffantes chahutant dans les vagues.

Mais au cours de la première moitié du 20ème siècle, la quantité de tissu des maillots de bain a connu un rétrécissement considérable. Et cette évolution n’était pas sans controverse : la nageuse australienne Annette Kellermann a même été arrêtée à Boston en 1907 pour « indécence », pour avoir porté un maillot de bain près du corps – qui la couvrait tout de même du cou aux orteils. Quelques années plus tard, en 1913, le designer Carl Jantzen lançait un deux-pièces composé d’un short et d’un top moulant, également vu d’un mauvais œil.

Mais à partir des années 1920, se dénuder davantage était devenu bien moins risqué, et dès les années 1930, le dos et d’autres zones étaient largement exposés. Des superbes maillots à la coupe en biais de Claire McCardell, aux apparitions de stars comme Jayne MansfieldRita Hayworth, et Ava Gardner (sans oublier les nombreuses pin-ups et danseuses de music-hall) dans des maillots une pièce plus légers, mais aussi de plus en plus dans des deux-pièces, la nature de ce qui faisait une tenue acceptable n’a cessé d’évoluer. Avec toutefois, un problème de taille : le code Hays, un ensemble de règles en vigueur à Hollywood à partir de 1934, qui interdisait de montrer des nombrils à l’écran – ce qui signifiait que les bas des deux-pièces devaient monter jusqu’à la taille.

« Ce deux-pièces était si provocateur pour l’époque que la plupart des mannequins auraient refusé de le porter »

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que le nombril a pu connaître son heure de gloire. À l’été 1946, deux designers tentent de créer le maillot de bain révolutionnaire. Dans un esprit très similaire, « l’atome » de Jacques Heim et « le bikini » de Louis Réard – dont les deux noms font écho à l’impact explosif que leurs créations devaient avoir – ont alors vu le jour. C’est le bikini, présenté quelques jours après l’essai atomique américain sur l’atoll de Bikini, qui a le plus marqué les esprits. Ce deux-pièces était si provocateur pour l’époque que la plupart des mannequins auraient refusé de le porter – c’est finalement la jeune danseuse nue Micheline Bernardini, âgée de 19 ans, qui accepte de servir de modèle pour présenter ce design minimaliste composé d’un haut et d’un string.

Il faudra patienter un peu avant que ce vêtement devienne mainstream, après avoir été interdit sur plusieurs plages, et mis en avant par des stars telles que Brigitte Bardot dans Manina, la fille sans voiles. C’est dans les années 1960 qu’il éclate réellement au grand jour. C’est à cette époque qu’ Ursula Andress émerge des vagues vêtue de son célèbre bikini blanc (et couteau à la main) dans James Bond 007 contre Dr No ; que Raquel Welch dévoile ses formes dans une tenue légère en peaux de bêtes dans Un million d’années avant J.C. ; et que Nancy Sinatra apparaît sur la couverture de l’album Sugar en bikini rose bonbon.

Sa popularité ne cesse de croître jusque dans les années 1970, avec l’émergence de tissus comme le crochet – vu sur Pam Grier dans Coffy – et l’adoption du bikini par les grandes stars de l’époque comme Pat ClevelandCheryl Tiegs, et même les premières Charlie’s Angels. Dans les années 1980, c’est Phoebe Cates qui fait l’effet d’une bombe en bikini rouge dans Ça chauffe au lycée Ridgemont, et Carrie Fisher qui fait monter la température d’un cran en maillot doré dans Star Wars. Les styles se multiplient dans les années 1990, entre les créations sportives et les versions ultralégères qui repoussent les limites de ce que l’on peut raisonnablement appeler un bikini, comme aperçu lors du défilé Chanel printemps-été 1996.

On ne peut que constater que l’histoire du bikini est aussi celle du corps : une histoire de chair, de censure, de provocation, et de plus en plus, d’attentes et de normes frustrantes. Comme à notre époque, la plupart des femmes qui ont popularisé le bikini auprès du grand public étaient celles dont le physique était considéré comme le modèle à suivre – se conformant à un ensemble culturellement limité de normes de beauté, et porteur d’une certaine sensualité.

Quoi qu’il en soit, le bikini n’a pas dit son dernier mot, à en croire le nombre de nouvelles marques de maillots de bain qui ont vu le jour ces dernières années – de Hunza G et ses modèles d’inspiration 90’s à Solid & Striped et ses créations durables – et les pièces aperçues lors des défilés printemps-été 2019, comme au fil de la collection Jacquemus style Riviera. D’abord tenue des James Bond Girls, des stars de la pop, des surfeuses, des influenceuses, et de toutes celles qui veulent simplement nager ou bronzer dans autre chose qu’un maillot une pièce, le bikini est désormais un vêtement aux multiples facettes – un vêtement qui, dans certaines circonstances, peut encore faire des vagues.

Source : vogue

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